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Juin 16
Former ses équipes à l'IA : la méthode Bank of America

Former ses équipes à l’IA : la leçon de Bank of America (200 000 salariés)

Former ses équipes à l’IA : la leçon (anti-bullshit) de Bank of America et ses 200 000 salariés

200 000 collaborateurs, 35 pays, une seule conviction : l’humain garde la main sur l’intelligence artificielle.

Tout le monde parle de former ses équipes à l’IA. Peu d’entreprises le font vraiment à grande échelle. Bank of America, elle, a décidé d’embarquer ses 200 000 collaborateurs répartis dans 35 pays. Dans le dernier épisode du podcast Me, Myself, and AI du MIT Sloan Management Review, Bernard Hampton, patron de « The Academy » de la banque, raconte comment on construit une formation IA qui tient la route, sans tomber dans le jouet technologique qu’on range dans un tiroir au bout de trois semaines.

Chez Corporate Mavericks, on adore ce genre de retour de terrain : pas de promesse magique, juste une méthode. Voici ce qu’un dirigeant lucide peut en retirer pour piloter sa propre montée en compétences et celle de ses équipes face à l’intelligence artificielle.

Pourquoi former vos salariés à l’IA n’est plus une option

L’intelligence artificielle change la façon de travailler à un rythme qui s’accélère. Hampton le dit sans détour : les entreprises qui prennent le sujet au sérieux commencent par le haut, en développant la compétence des dirigeants, pour que ça irrigue ensuite toute l’organisation. Les autres traitent l’IA comme un gadget. On connait la suite.

Le chiffre qui change tout : « The Academy » existe depuis 2017 et mobilise plus de 1 000 professionnels dédiés. La banque pourvoit environ 40 % de ses postes en interne. Sans formation IA continue, ce modèle de mobilité s’effondre.

Autrement dit : comment former vos gens devient une question de survie organisationnelle, pas un projet RH parmi d’autres. Si vous voulez garder vos talents et leur faire prendre de la hauteur, vous devez outiller les collaborateurs face à l’IA générative et à ses usages concrets.

« L’IA, ce n’est pas un jouet. Les entreprises qui la prennent au sérieux développent la compétence du sommet vers la base. Les autres jouent avec quelque temps, puis la rangent. »

Bernard Hampton, responsable de The Academy, Bank of America

L’agilité des compétences : le vrai objectif de la formation IA

Le mot d’ordre de Hampton, c’est la « workforce agility » : mettre les bonnes compétences dans les bons rôles, plus vite. Pas de catalogue de cours poussiéreux. Une logique de flux : on part du client et du besoin réel, puis on remonte vers la solution d’apprentissage. Quand on intègre des modules basés sur l’IA, ce n’est jamais « mettons un outil IA devant quelqu’un ». C’est : qui sert-on, qu’essaie-t-on d’accomplir, et quelle est la meilleure façon d’automatiser ce qui peut l’être pour libérer du temps utile.

Cette automatisation du travail administratif a un but précis dans une entreprise de service : rendre plus de collaborateurs disponibles pour les clients. Moins de tâches répétitives, plus de temps pour comprendre les objectifs des gens en face. C’est là que la montée en compétences devient un avantage business, pas une ligne de coût.

Détail révélateur : environ 750 personnes sont passées des lignes métier vers The Academy ces dernières années, pour y apporter leur intelligence du terrain. La formation IA efficace n’est pas déconnectée du réel : elle est nourrie par ceux qui font le travail, ce qui en fait l’une des meilleures bonnes pratiques de déploiement à grande échelle.

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Comment former ses collaborateurs à l’IA : l’approche à trois niveaux

Hampton décrit une adoption de l’IA à trois niveaux, avec un principe non négociable en arrière-plan : l’humain garde toujours la main. Voici comment traduire ça dans un parcours de formation IA concret pour les équipes.

1. Littératie de base

Comprendre ce qu’est l’IA générative, son moteur génératif, ses limites, et savoir écrire un bon prompt.

2. Fluidité pratique

Utiliser les outils IA comme ChatGPT dans le travail quotidien, et automatiser les tâches à faible valeur.

3. Jugement humain

Empathie, écoute, décision : les compétences que la machine ne remplace pas et qui deviennent le différenciateur.

Le piege classique ? Tout miser sur la technique. Hampton insiste : il faut tenir les deux bouts en même temps. Plus l’intelligence artificielle monte en puissance, plus l’empathie, l’écoute et le jugement deviennent des compétences critiques. Une bonne formation IA muscle à la fois la fluidité technique avec ChatGPT et les soft skills. C’est l’une des bonnes pratiques les plus sous-estimées des programmes de montée en compétences. Inutile de transformer tout le monde en expert du machine learning : il faut surtout des repères clairs et une pratique régulière.

Votre plan d’action pour former vos équipes à l’IA

Vous n’avez pas 1 000 formateurs ni 200 000 salariés. Bonne nouvelle : les principes se transposent à n’importe quelle taille d’organisation. Voici comment former ses équipes sans budget de banque mondiale, étape par étape.

  • Partez du sommet. Si le comité de direction ne touche pas l’IA, personne ne suivra. Montrez l’exemple.
  • Partez du besoin, pas de l’outil. Quelle tâche concrète veut-on automatiser ? Quel client veut-on mieux servir ?
  • Apprenez le prompt à tout le monde. Savoir dialoguer avec ChatGPT est la compétence de base de l’IA générative.
  • Gardez l’humain dans la boucle. L’automatisation libère du temps, elle ne décide pas à votre place.
  • Nourrissez la formation par le terrain. Vos meilleurs formateurs sont vos praticiens, pas un prestataire externe.

Pas besoin de tout comprendre du fonctionnement génératif des modèles pour commencer. Il faut surtout une intention claire et une culture qui place l’humain au centre. Le reste se construit par itérations, en gardant les collaborateurs acteurs de leur propre montée en puissance.

Construire un parcours de formation qui dure (et pas un feu de paille)

Le piège, quand on veut intégrer l’IA dans une entreprise, c’est de tout miser sur un évènement spectaculaire : une grande journée, un atelier, et basta. Hampton décrit l’inverse. Chez Bank of America, la formation professionnelle est pensée comme un parcours continu, avec des « academy pathways » centrés sur les compétences techniques, la littératie data et IA, l’excellence relationnelle et le leadership. Un parcours de formation qui évolue au rythme des priorités, pas un programme figé une fois pour toutes.

Pour former ses collaborateurs durablement, l’enjeu n’est pas de courir après chaque nouveauté. Hampton le reconnait lui-même : il y a un an, tout le monde voulait apprendre le prompt engineering, puis le RAG, puis autre chose. Si vous calez votre programme de formation sur la mode du moment, vous serez toujours en retard. La bonne approche consiste à ancrer les usages de l’IA dans le travail quotidien réel, là où ils créent de la valeur, plutôt que de collectionner les buzzwords.

Faut-il tout faire en interne ou s’appuyer sur des organismes de formation externes ? La réponse de Bank of America est hybride : une organisation d’apprentissage interne, couplée à l’expertise métier de praticiens venus du terrain. Pour une PME, cela peut vouloir dire mixer un prestataire spécialisé pour les fondamentaux et un référent interne qui ancre les acquis. L’intégration de l’IA réussie repose toujours sur ce double mouvement : apport externe et appropriation interne.

Les avantages de l’IA bien déployée pour vos équipes

Quand les collaborateurs maîtrisent l’outil, les avantages de l’IA deviennent tangibles : moins de temps perdu sur les tâches à faible valeur, des décisions mieux documentées, et surtout une relation client plus riche. Bank of America ne cherche pas à réduire ses effectifs en première ligne, au contraire : la banque veut que plus de gens passent du temps avec les clients, libérés des fonctions administratives par l’automatisation.

Concrètement, comment former sans noyer vos équipes ? En partant des fondamentaux, puis en montant graduellement vers des usages plus avancés. Un commercial n’a pas besoin des mêmes compétences IA qu’un analyste : la formation IA doit être segmentée par population et par besoin réel. C’est ce qui distingue un vrai programme de formation d’un simple catalogue de cours en ligne que personne ne suit jusqu’au bout.

C’est tout l’enjeu de la confrontation face à l’IA : ce n’est pas un duel homme contre machine, mais une collaboration où chacun joue son rôle. Former vos salariés à l’IA, c’est leur donner les moyens de rester aux commandes. Les compétences IA ne remplacent pas le jugement humain, elles l’amplifient. Et c’est exactement ce positionnement, humain d’abord, qui sépare les organisations qui réussissent leur transformation de celles qui s’épuisent à courir après la hype.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure IA pour les équipes ?

Il n’y a pas de « meilleure » IA universelle. ChatGPT reste la porte d’entrée la plus simple pour la littératie et le prompt, mais le vrai choix dépend de vos cas d’usage : rédaction, analyse de données, support client. Commencez par identifier la tâche à automatiser, puis choisissez l’outil. L’outil suit le besoin, jamais l’inverse.

Quels sont les 3 métiers qui survivront à l'IA ?

Plutôt que des métiers, ce sont des compétences qui survivent : celles que l’intelligence artificielle ne reproduit pas. Le jugement complexe, la relation humaine et l’empathie, et la capacité à piloter et superviser les machines. Tous les rôles qui combinent ces dimensions, du manager au commercial en passant par le soignant, gagnent en valeur avec une bonne formation IA.

Comment se former sur l'IA gratuitement ?

De nombreuses ressources gratuites existent : la documentation des éditeurs, des cours en ligne ouverts, et la pratique directe avec les outils IA grand public. La meilleure méthode reste l’expérimentation guidée : choisir une tâche réelle, la confier à ChatGPT, comparer le résultat à ce que vous auriez produit. La montée en compétences vient de la répétition, pas du visionnage passif.

Quels sont les 40 métiers les plus menacés par l'IA ?

Les listes de métiers « menacés » sont surtout du clic facile. La réalité observée chez Bank of America est plus nuancée : ce sont des tâches qui disparaissent, pas forcément des emplois. Quand l’automatisation absorbe l’administratif, les collaborateurs sont redéployés vers des activités à plus forte valeur. D’où l’importance de former ses équipes en continu plutôt que de subir l’IA.

Le futur du travail ne se subit pas, il se forme

Une fois par semaine, des analyses sans bullshit sur le management, la transformation et l’IA. Zero langue de bois.

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